Yukio Mishima

L’épée et la plume

Yukio Mishima est la figure centrale de la littérature japonaise du XXe siècle. Sa production compte des pièces de théâtre nô, des œuvres romantiques, des romans et des scénarios de films dans lesquels il joue. Au cours de sa vie, il sera tour à tour mannequin, karatéka, escrimeur, leader politique, compositeur, chef d’orchestre et général de sa propre armée.

Mishima nait sous un autre nom : Kimitake Hiraoka. Comme nous l’apprenons dans Confession d’un masque, son enfance est marquée par la présence de sa grand-mère Natsuko qui l’élève quasiment seule, le laissant seulement jouer avec des poupées. Cette femme, obnubilée par la mort, a des ambitions aristocratiques et aura une influence notable sur la vie de Mishima. À 12 ans, Mishima retourne vivre chez ses parents. Son père, général dans l’armée, est obsédé par la discipline et le dévouement à la patrie ; obsession que l’on retrouve dans le livre. Ses écrits sont particulièrement influencés par la crise que connait le Japon après la Seconde Guerre mondiale. L’autre élément fondamental de la production littéraire de Mishima est la relation étroite entre la vie et l’œuvre, le corps et l’intellect.

Durant toute sa vie, Mishima fréquente les bars gay et entretient une double vie, loin des regards, dans le monde homosexuel. Incapable de le révéler au grand public, il se marie avec une femme qui lui donne deux enfants.

En 1967, il crée le Tatenokai (Société du bouclier), et entraîne une petite armée privée ayant pour objectif de défendre l’empereur (ou plutôt la figure de l’empereur). Le 25 novembre 1970, Mishima et quatre autres membres du Tatenokai investissent les locaux du haut commandement de l’armée japonaise. Il attache le commandant à sa chaise et tient un discours en faveur de la renaissance d’un Japon traditionnel devant le régiment. Il souhaite convaincre les soldats et les rallier à sa cause, mais ne reçoit en retour que des insultes et une vive hostilité. Il entre alors dans le bureau, tue le commandant et, aidé de ses lieutenants, se donne la mort par seppuku, plus connu sous le nom d’harakiri.